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Ateliers d’art de France – candidature Molusk refusée pour motif de transformation de la matière insuffisante

Ceci est un coup de gueule contre Ateliers d’Art de France qui m’a réellement déçu :

Ateliers d’Art de France est un groupement de plus de 6000 artisans d’art dont la mission est de promouvoir les métiers d’art. J’y étais adhérente depuis 2008. Pour y entrer, il faut prouver que la majeure partie de ses créations est réalisée dans un atelier en France et que ce savoir-faire constitue le travail principal de l’artisan. Etre adhérente est avant tout un gage de qualité et de reconnaissance. Mais cela donne aussi accès à beaucoup d’avantages comme vendre dans une des boutiques Ateliers d’Art de France ou encore bénéficier d’aides pour la participation à certains salons d’artisanat.

Chaque année, il faut renouveler son adhésion et remplir un formulaire que l’on atteste sur l’honneur. Après avoir compléter comme chaque année ce questionnaire, c’est avec stupeur que je reçois une lettre d’Atelier d’Art de France me notifiant que je suis radiée car mon entreprise ne répond plus à l’ensemble des critères d’Atelier d’Art de France (Article 2 et 11 des statuts). Statuts que je n’ai pas car il faut être adhérent pour y avoir accès !

Après un appel téléphonique au service adhérent, je sais qu’on me refuse l’adhésion pour MOTIF DE TRANSFORMATION INSUFFISANTE DE LA MATIERE. Décision souveraine, non négociable… Mais le service adhésion me dit que je peux renvoyer un dossier complet et retenter de passer en commission. Me voilà donc repartie à préparer à nouveau un gros dossier exposant mes méthodes de travail, mes bilans… Et la semaine dernière je reçois la décision de ladite commission : non favorable, à nouveau.

On me reproche une transformation insuffisante de la matière. Y a-t-il beaucoup d’artisans qui fabriquent leur matière première ? Demande-t-on aux céramistes de fabriquer eux-mêmes leur terre qui leur servira ensuite à réaliser leurs objets, demande-t-on aux bijoutières fantaisies en nœuds de fabriquer leurs propres fils ? Tant d’autres exemples me viennent en tête… Non, et cela me semblerait bien absurde. J’utilise la sous-traitance car je ne possède ni la machine pour découper les rouleaux, ni la presse de dorure. Je pourrais le faire comme je l’ai fait au tout début (découpe au cutter et dorer les feuilles à la roulette), mais quelle perte de temps et de précision pour un résultat qui n’en est pas plus satisfaisant. Aussi, je loue un atelier de sérigraphie et une presse selon mes besoins car c’est tellement plus pratique que de devoir posséder tout ce matériel chez soi ! En quoi le fait d’utiliser un matériel spécialisé que vous ne possédez pas vous-même peut vous amener à perdre la qualité d’artisan Atelier d’Art de France ? N’y a-t-il pas en ce moment même un développement des ateliers partagés ou Fab Lab dans les grandes villes pour un accès plus facile à des machines très spécifiques, encombrantes et onéreuses ? Dans mon processus de fabrication, je pars d’un rouleau de plastique que je transforme, que je décore, et c’est celui-ci qui va me servir ensuite de matière première à la réalisation de mes bijoux. Les bijoux eux-mêmes sont fabriqués dans mon atelier : je dessine les modèles, je découpe ensuite le plastique (presse, découpe numérique ou manuelle), puis vient le long travail de séparation des chutes et des parties qui seront utilisées, l’assemblage des différents coloris, la fonte pour souder les différents éléments ensemble puis le montage des bijoux.

Bref, il y a tant d’étapes que je réalise dans mon travail que j’estime être en droit de protester, car, si je ne réponds pas aux critères d’éligibilité d’Ateliers d’Art de France, la majorité des adhérents ne doivent pas y répondre non plus!